Didier KASSAÏ : La ville de Bangui

Publié le par Beafrika ti mo

Didier KASSAÏ : La ville de Bangui

Il y a quelques années, la RCA était considérée comme une terre de paix…

Ben, pas toute la Centrafrique, car il y avait souvent eu des escarmouches entre des coupeurs de route et les Faca (Forces armées centrafricaines), des violations de droits de l’homme commises sur des villageois assimilés aux groupes armés par l’armé et les groupes rebelles, des villages transformés en brasiers…

Néanmoins, Bangui était tranquille.

Depuis 2 ans, on a tout vu et tout subi : des viols, des mitraillages sauvages de la population identifiée par sa couleur ethnique, politique ou religieuse, des pillages, des trahisons, des humiliations… Depuis quelques mois, on assiste à des phénomènes nouveaux, liés au conflit qui s’enracine dans le pays.

Un nouveau mot est entré dans le vocabulaire des Banguissois : « cousquette ». Pour ceux qui ne sont pas des Banguissois, cousquette signifie « braquage ». Le mot est à la mode dans certains coins de Bangui et permet de dissimuler l’image exécrable qu’il reflète.

Aujourd’hui encore, on apprend que nos frères sont en train de se « selekatiser », ou même de se « djihaditiser » en procédant au rapt des expatriés (humanitaires ou employés des Nations unies). La somme de tous ces maux fait de Bangui (autrefois appelée la coquette) la ville de la peur…

Far West ou Kaboul.

Didier KASSAÏ

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