Le langage tambouriné par le Linga et le Kalangba.

Publié le par Beafrika ti mo

 Le langage tambouriné par le Linga et le Kalangba. Le langage tambouriné par le Linga et le Kalangba.
 Le langage tambouriné par le Linga et le Kalangba. Le langage tambouriné par le Linga et le Kalangba.

Le langage tambouriné est un message codé et exécuté par le moyen des instruments traditionnels Linga et Balafon Xylophone ou Kalangba chez les Banda, Gbaya et autres ethnies de Centrafrique. Le principe est fondé sur la reproduction de phrases mélodiques parlées, surtout le Banda qui est une langue à tons musicaux bien marquées. En général, les langues Centrafricaines son des langues à tons. D’où la facilité de reproduire des phrases sur le Linga et le Balafon qui deviennent de ce fait des instruments parleurs. Le " linga " est une percussion creusée dans un tronc d’arbre. La caisse de résonance creusée produit un son aigu.

Le » linga » est également un instrument de communication qui permet au groupe ethnique Banda d’envoyer des messages en alphabet morse dans des villages proches ou éloignés. Ainsi, le » linga » permet d’annoncer aux villages voisins, des nouvelles (naissance, circoncision, décès…) Pendant la période coloniale, notamment lors des travaux forcés, de peur d’une révolte généralisée, l’administration interdit l’usage de " linga " pour éviter aux noirs de se communiquer. Dans l’exécution du rythme « gbadouma » de la Basse Kotto proche de la musique de l’ethnie Banda, le soliste de « linga » improvise tantôt des messages codés et tantôt des phrasés simples pour meubler la musique jouée. L’exemple populaire du langage tambouriné en langue Banda est le suivant: « Yivrogni kosségué, étchékrandé laloto »
Il a plu tout à l’heure, il fera beau demain.

Ces phrases transposées sur le Linga ou le Kalangba se jouent sur trois tonalités différentes pour bien exprimer la valeur des tons employés.Le langage tambouriné fonctionne sur le même principe que l’alphabet morse abandonné depuis ces dix dernières années avec le progrès de la téléphonie moderne et d’Internet. Tout comme le fonctionnement d’alphabet morse le langage tambouriné intègre la démarche d’interactivité dans la mesure où deux villages peuvent entrer en communication de longue distance, de préférence la nuit du fait de la tranquilité. Est-ce les Banda de la République Centrafricaine qui auraient inventé l’alphabet morse? L’absence sans doute de l’écriture de cette forme de message codé n’a point permis de reconnaître aux Banda, du moins aux Centrafricains la paternité de ce mode de communication qui est à la base de nombreuses révolutions en matière de téléphonie moderne. De nos jours, la pratique du langage tambouriné est en voie de disparition du fait de l’exode rurale et de la modernité. La majorité des jeunes quittent leurs campagnes pour la capitale Bangui en espérant trouver une vie meilleure. De plus, l’arrivée des dancings équipés d’appareils modernes est l’une des raisons qui démotive à la pratique d’instruments traditionnels et de communication linga et de Kalangba.

Extrait d'Anthologie de la Musique Centrafricaine.
Par Sultan ZEMBELLAT
© Paris, avril 2004

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