A LA TABLE CENTRAFRICAINE - Février 2011

Publié le par Beafrika ti mo

CENTRAFRIQUE : Plat de boa, plantin, makongo, coco, poivre, bananes, compote de mangue, ananas, pilage du manioc et habitat peul
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Blog de Dominique BAUMONT
VOLONTAIRE DE SOLIDARITE INTERNATIONALE. 2005–2007 en CENTRAFRIQUE. 2008–2010 au SENEGAL. 2012-2014 en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO.

Février 2011 :
le blogueur nous invite A DEJEUNER EN CENTRAFRIQUE

" Pendant deux ans à la table de l’Archevêque de Bangui, fine et forte fourchette j’ai eu la chance de pouvoir gouter à beaucoup d’autres plats que j’ai trouvé tous plus délicieux les uns que les autres. De la trompe d’éléphant par exemple, nourriture robuste qui nécessite une dentition solide ! Ou alors du gorille, ou des doigts de gorille. C’est assez étrange les doigts de gorille, vous avez dans votre assiette comme une ou deux mains que l’on mange en les rongeant…(Il faut faire attention de ne pas se tromper en rongeant ses propres doigts !) Bizarre, une chair fine, excellent.

D’ailleurs on mange du gorille ou alors du singe. Le singe est du gibier de brousse présent en grande quantité on en trouve sur tous les marchés, souvent boucané. Le gorille est un animal noble, protégé comme on le sait. La première fois que j’en ai mangé j’ai posé la question à l’Archevêque, faussement innocent : « ce n’est une espèce protégée le gorille ? ». Je me suis fait rabrouer : « Vous êtes bien content d’en manger ! » C’était vrai, je me suis tu, c’est lui qui l’avait chassé.

Il en va de même avec le boa : on mange du boa, noble, ou du serpent. J’en ai eu souvent du serpent à table mais je suis bien incapable de vous dire de quelles espèces il s’agissait. C’est très bon et on mange tout et surtout la peau.

Du cibissi . Le cibissi est un gros rat de brousse peu engageant vivant, mais cuit et accompagné de l’inévitable boule de manioc c’est un régal. La boule de manioc, appelée aussi « la nationale » est la nourriture de base des pauvres - les 9/10ème de la population - qui malheureusement n’ont souvent que cela à se mettre sous la dent. C’est un peu ce qui remplace notre pain, cela se présente comme une boule grise et molle avec peu de goût en soi, il faut donc l’accompagner de vigoureuses sauces africaines relevées. J’ai adoré.

Et bien sûr force antilopes, gazelles et autres biches, pangolins ou phacochères, poissons capitaine et poisson-chat, caïmans…Le caïman a une grosse chair blanche que l’on pourrait – de loin – en texture, rapprocher du thon. On sent bien que l’on mange un animal d’eau.

* * * * *

PARTIR
Aimer prendre un avion un matin glacial d’hiver pour une mission lointaine et longue
c’est mettre sa culture en bandoulière et prendre le risque de se perdre.
Perdre ses repères pour retrouver, au bout du compte, les essentiels.
Mais auparavant il faut accepter les mystères de l’inconnu, ses troubles et ses dangers,
d’autres intelligences, d’autres cœurs, d’autres bontés, d’autres beautés.
Accepter de ne presque rien savoir des faits et gestes, des paroles de ceux que l’on aime.
Savoir partir le cœur léger malgré les séparations, tout laisser sans rien laisser.
C’est aussi assister au spectacle de la pauvreté, impuissant.
Chercher d’autres demains, s’approcher des autres, doucement.
Aimer les soirs incertains dans une capitale inconnue, les aubes douteuses...

Préférer les flottements de l’âme aux certitudes du savoir.
Croiser le regard d’un enfant pauvre de la brousse ou celui hautain d’une femme peulh.
Aimer les horizons qui reculent et les faire reculer si besoin est.
C’est savoir que l’on ne rentre jamais indemne d’absences au long cours.
Revenir sans jamais vraiment revenir, prendre le risque de devoir repartir, vouloir rester et partir. Partir c’est accepter les points de non-retour.

(texte de Dominique Baumont)

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