LE BERCEAU DES BANTOUS : un peuple en mouvement

Publié le par Beafrika ti mo

LE BERCEAU DES BANTOUS : un peuple en mouvement

La présence des Bantous a été prouvée jusqu'aux années 690 avant J.C., sous le règne du Pharaon Soudanais Taharqa Le Grand, IVe Pharaon de la XXVe dynastie, 6e Roi de Napata, capitale du pays de Koush (Nubie) et qui régna de 690 à 664 avant notre ère.
Certains Bantous formaient une partie des Royaumes de Koush, de Napata et de Méroé (région du Haut Nil), sur les bords du Nil, à quelques dizaines de kilomètres au Sud de l’Atbara, affluent du Nil. Ces royaumes possédaient leur propre écriture alphabétique qui n’a toujours pas été déchiffrée à ce jour, et avaient la maîtrise de la métallurgie du fer.
Cette zone très entendue, comprise entre le Sahara et la zone équatoriale, étant très humide il y a des dizaines de milliers d’années de cela, le mode de vie des Bantous était étroitement lié à l’eau (pêche, cueillette et chasse). Le développement des civilisations de pêcheurs a été daté entre 8000 et 5000 avant notre ère, le long du moyen Nil et dans le Sahara, au Nord-Ouest et Nord-Est du continent Africain.
Vers 5000 avant J.C. le climat devenant plus aride, il y eu un abaissement des niveaux des lacs, entrainant une modification de ce modèle économique fondé sur l’exploitation des ressources naturelles. Par voie de conséquence les populations Bantous furent contraintes à migrer vers le Sud à la recherche de nouveaux points d’eau modifiant ainsi incontestablement le peuplement de l’Afrique.
Ces populations noires à cette époque étaient les descendants de l’Empire Koushite ; donc les cousins lointains des Noirs Soudanais. Elles se sont déplacées pour la plupart vers les zones sédentaires et certains oasis du nord du Sahara. C'est après la perte de leurs terres fertiles, qu'elles exercèrent une pression progressive sur leurs voisins du sud, les contraignant à envisager à leur tour, un déménagement sur de longues distances. Tout au long de cette migration, le peuple Bantou a développé plusieurs civilisations dû au fait que chaque groupe ou groupuscule qui s’implantait sur un fief essayait d’adapter ses us et coutumes aux réalités locales. Les populations qu'il rencontrait sur leur chemin n'avaient que deux choix : se joindre à lui ou quitter ce lieu et aller s'installer ailleurs. Mais la plupart faisait le choix de se joindre aux Bantous car ils avaient des techniques agricoles supérieures et savaient fabriquer des outils agricoles, des armes de chasse et de guerre en fer.
La migration des Bantous a donc était la plus importante des migrations connue de l'humanité et elle a permis l'introduction du travail du fer et de meilleurs techniques de chasse et d'agriculture dans presque toute l'Afrique mais surtout en Afrique centrale et Afrique du Sud.
Cette dispersion des Bantous s’est déroulée sur une très grande échelle d’espace et de temps à cause de la grande forêt équatoriale qui constituait un obstacle plus difficile à franchir eu vu de sa densité et de sa taille.
Dans leurs premiers mouvements migratoires, la plupart des groupes bantouphones prirent d'abord la direction du Sud-Ouest et du Sud-Est du continent. D'autres, furent contraints d'affronter la forêt tropicale, pour se fixer plus loin. Le groupe qui occupe actuellement l'Afrique du Sud, se serait d'abord établi aux cours du Ve siècle avant notre ère, aux confins du Cameroun et du Nigeria.
Puis durant leur longue progression, des populations originaires de la région comprise entre le Sud de la Bénoué (Nigeria) et l'actuel Cameroun, auraient migré par étapes vers le reste de l'Afrique centrale et vers l'Afrique orientale et australe. Elles s'installèrent dans un premier temps, autour du bassin du fleuve Congo et plus à l'est près des Grands Lacs.
Ces populations forment jusqu'à nos jours, le "noyau bantou occidental" et le "noyau bantou oriental". C'est à partir du XIe siècle, qu'elles développèrent à l'Est, notamment au Kenya, l'élevage des bovins et de puissants royaumes.
Pour ce qui concerne l'Afrique centrale, les Bantous ont dû emprunter les voies de déplacement plus aisées que constituaient les cours d’eau tel que la Sangha et L’Oubangui. Cette migration n’était toujours pas achevée à la fin du 19ème si
ècle.

Le 04 Juin 2015

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